Chroniques,  Historique

Avis | Quand soufflera le vent de l’aube – Emma Fraser

Résumé:

Au début du XXe siècle, sur l’île de Skye en Écosse, Isabel rencontre Jessie. Les deux adolescentes deviennent amies. Brutalement séparées, elles ne se retrouvent que des années plus tard sur le front de la Première Guerre mondiale. Chacune s’est battue pour réaliser son rêve, devenir médecin et infirmière. Mais un terrible secret les lie toujours.

 

Avis:

Dans le contexte du Blossom Spring Challenge, je suis sortie de ma zone de confort et j’ai enfin lu ce roman qui traînait dans ma pile à lire depuis au moins deux ans. Et je ne regrette qu’une seule chose: de ne pas l’avoir lu plus tôt.

On suit ici deux jeunes filles, deux points de vue différents: Isabel, fille de médecin et Jessie, fille de métayer. Elles appartiennent donc à deux classes sociales différentes mais elles sont réunies par plusieurs liens, notamment leurs rêves respectifs: devenir médecin et infirmière.

On commence ce roman par leur adolescence, sur l’île de Skye en Écosse. J’ai vraiment adoré cette partie. Les paysages sont sublimes, cela fait vraiment rêver. Puis, on les suit un peu plus tard, lorsqu’elles commencent leurs études pour exercer le métier de leurs rêves. Enfin, la première guerre mondiale éclate et tout va s’enchainer pour elles.

J’ai beaucoup aimé le côté féministe de ce roman. Il était très rare de devenir médecin pour une femme à cette époque, mais Isabel est une femme forte qui se fiche des conventions. Pour elle, tout passe après son métier. C’est une femme très courageuse que j’ai admiré tout du long. C’est aussi grâce à ce trait de caractère qu’elle va rencontrer des personnes en dessous de sa classe sociale, et cela va changer sa vie.

Ce roman a aussi un côté romantique. Comme on suit ces deux jeunes femmes pendant plusieurs années, on les voit donc connaître leurs premiers amours. Cela est d’autant plus touchant avec le contexte de la guerre. On se retrouve avec elles, à attendre des nouvelles de leurs êtres proches.

Le côté « guerre » du roman est à couper le souffle. Ici on est du côté de Jessie et Isabel, du côté des médecins. J’ai trouvé cela très intéressant. De plus, on assiste à plein de problématiques pour lesquelles elles ont dû faire face, la gravité des blessures, le manque de matériel, de place et de connaissances (on est après tout au début du 20ème siècle), les choix à faire (risquer sa vie, les choix entre les patients, le choix entre métier et famille). On assiste aussi à plusieurs morts, et sans aucune préparation « mentale » de la part de l’autrice, car après tout, la guerre ne prévient pas. Cela nous laisse bouche bée, on subit tout autant que les personnages du roman.

Enfin, il y a aussi une enquête de fond qu’on essaie de résoudre. Cette enquête lie Jessie, Isabel et Archie (le frère de Jessie). En effet, après la disparition d’un certain personnage (de la haute société), l’un des trois est accusé. Qu’est-il devenu de lui ? Pourquoi ? En tout cas, ces trois personnages se retrouvent liés à jamais par les secrets et les non-dits. Personnellement je ne m’attendais pas du tout à la révélation finale et j’ai donc été bouche bée quand la vérité a éclaté.

Pour conclure, j’ai trouvé ce roman vraiment magnifique. L’écriture est fluide et magnifiquement belle (voire même poétique) et je ne me suis pas du tout ennuyée. Je me suis beaucoup attachée aux personnages (notamment Archie, qui est mon personnage préféré). J’ai vraiment tout aimé et j’ai trouvé cette histoire vraiment très intéressante. On se rend compte des difficultés d’être une femme à cette époque, des difficultés d’être médecin dans ces temps de guerre, et de tous les problèmes mineurs auxquels on n’avait pas pensé. C’est une vraie leçon de vie, c’est pour cela que je recommande ce roman à tout le monde.

 

PS: Je n’ai pas tout dit dans ma chronique. Mes pensées sont encore confuses, même si cela fait quelques jours que j’ai fini ce roman. Cependant je suis encore touchée par l’histoire et elle me trotte toujours dans la tête.

 

Pages: 608

Édition: Pocket

Date: 24 Mai 2018

 

Ma note: 19/20

 

«  Il prononça quelques mots en gaélique.

– Qu’avez-vous dit ?

– C’est un verset de la Bible, tiré du Cantique des cantiques: Quand soufflera le vent de l’aube et que les ombres fuiront. Il est gravé sur la plupart des tombes par ici. Vous ne le connaissez-pas ?

– Je ne crois pas. Mais je l’aime beaucoup.

– Pourquoi donc ?

[…]

– Cela nous promet bien davantage qu’une simple vie après la mort. La douleur peut paraître insurmontable, insupportable, mais tout cela prendra fin. Aussi sûr que l’aube succède toujours à la nuit la plus noire, le bonheur est assuré après le malheur. »

 

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