Chroniques,  Young adult

Avis | Tout va bien – Nina Lacour

Résumé

Après la tragédie, Marine a tout quitté sans prévenir, pas même sa meilleure amie qu’elle aimait peut-être un peu trop. Jusqu’au jour où celle-ci vient lui rendre visite…

Marine n’a plus reparlé à personne de son ancienne vie, du jour où elle est partie sans regarder derrière elle. Personne ne connaît la vérité sur les dernières semaines qu’elle a passées au lycée. Pas même sa meilleure amie, Mabel. A des centaines de kilomètres de la côte Ouest californienne, dans son université new-yorkaise, la vie de Marine est une lutte de chaque instant pour oublier la tragédie qui lui a fait perdre son grand-père, sa seule famille.

Des mois plus tard, enfermée seule dans sa résidence universitaire pour les vacances d’hiver, elle attend. Mabel vient lui rendre visite, et Marine sera bien obligée d’affronter les non-dits et le mur de solitude et de tristesse dans lequel elle a enfermé son cœur…

 

« Je me demande s’il existe un flux secret reliant les gens qui ont perdu quelque chose. Pas une chose habituelle, plutôt de celles qui vous détruisent la vie, anéantissent votre être, si bien que lorsqu’on se regarde ensuite dans la glace, ce n’est plus son visage qu’on aperçoit… « 

 

Avis

Je referme ce livre avec un sentiment assez étrange…

On suit ici Marine qui, après un drame tragique, quitte tout pour s’installer à New York. Là-bas, elle s’est inscrite à la fac et elle vit en colocation avec une autre jeune fille.

Le roman est une alternance de chapitres « maintenant » et « avant ». Les chapitres « maintenant » se déroulent lorsque la meilleure amie de Marine vient la rejoindre pour quelques jours. C’est la première fois qu’elles se reparlent depuis le drame. Quant aux chapitres « avant », se sont certains passages qui se sont passés avant ce fameux moment. Ils sont là pour nous éclairer petit à petit sur ce qu’il s’est passé, et pour que l’on puisse comprendre le comportement de Marine.

Car oui, parlons-en. Marine est une jeune femme qui est totalement anéantie. Elle parait même à l’ouest. La narration est construite de façon très monotone pour renforcer ce sentiment morne, triste, froid. Sujet, verbe, complément. C’est comme ça que l’on avance petit à petit dans le roman. C’est quelque chose de lourd qui n’est pas du tout fluide, mais je pense que c’est le sentiment que l’autrice veut nous faire ressentir. Cela crée une ambiance assez étrange. Certaines phrases n’ont carrément plus de verbes, tout est déconstruit. On se rend compte alors de l’importance des mots.

Les moments qu’elle passe avec Mabel sont tout aussi étranges. Il y a beaucoup de distance entre les deux jeunes femmes. Quelque chose s’est cassé, et on a l’impression de marcher sur des oeufs. On dirait qu’elles ne savent plus comment se comporter l’une envers l’autre, alors qu’il y a quelques mois elles étaient les meilleures amis du monde. Elles ne se parlent presque pas, et on se concentre donc sur les actions et le ressenti.

Pour conclure, je pense qu’il ne faut pas considérer ce livre comme un roman « banal ». Il est différent de tous ceux que j’ai pu lire. Il ne faut pas se concentrer sur l’histoire en elle-même, car il n’y a pas beaucoup d’actions. Je pense que pour apprécier ce roman, il faut lire entre les lignes. L’autrice joue avec les mots et elle passe d’un récit morne à un langage poétique. Il y a beaucoup de références, de métaphores pour lesquelles il faudrait prendre le temps d’analyser. D’ailleurs, on ressent bien ce parallèle entre Marine et Jane Eyre, l’héroïne dont elle fait souvent référence. Et certaines fois, les deux se confondent. J’ai beaucoup aimé ces références car Jane Eyre est un de mes romans préférés (attention, certains passages spoilent la fin de J.A.). Pour finir, je pense que ce roman nous livre une belle histoire, avec de beaux messages. Mais attention, il faut le lire avec du recul, car ce n’est pas un récit ordinaire.

 

Pages: 227

Édition: Hugo New Way

Date: 12 Novembre 2020

 

Ma note: 15,5/20

 

 

« Adossée au mur sur mon lit, je regarde la neige qui s’est remise à tomber. Je rêve du fracas de l’océan, d’une journée fraiche mais sèche, de cette impression d’être confinée à la maison. Le bois dans la cheminée, la chaleur, la lumière. »

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